Le décès de notre collègue au collège Desnos de Orly, en pleine canicule, nous bouleverse et nous met en colère.
Ce drame ne peut pas être réduit à un simple fait divers ou à une malheureuse coïncidence. Il intervient dans un contexte où les alertes sur les conditions de travail, les effectifs insuffisants et les risques liés aux fortes chaleurs sont connues depuis des années.
Pour SUD Solidaires, il est temps de nommer les responsabilités. Des années de suppressions de postes et de non-remplacement des départs. Depuis plusieurs années, le Département fait le choix politique de réduire les effectifs. Les départs ne sont plus remplacés. Les recrutements sont retardés, voire abandonnés. Les postes vacants s’accumulent.
Résultat : les agents présents absorbent toujours plus de travail, les responsables de groupement qui gèrent les agents de collèges doivent gérer des secteurs toujours plus vastes, et les conditions de travail se dégradent inexorablement. Dans le cas de notre collègue, il faut noter que son supérieur hiérarchique, responsable de groupement n’était plus en poste et non remplacé pour assurer un accompagnement de proximité cette tâche avait dans un souci d’économie en ressources humaines été reportée dans le portefeuille d’un ancien responsable de groupement. (NB : on voit ici la logique d’optimisation des ressources humaines d’encadrement, qui est entrain de débarquer à la Région via l’expérimentation des super encadrant.e.s de bassin contrats de projets catégorie A...)
Ce n’est pas une fatalité : c’est un choix !
La canicule n’est plus un événement exceptionnel. Chaque année, les épisodes de chaleur extrême se multiplient. Chaque année, les scientifiques alertent. Chaque année, les agents continuent pourtant de travailler dans des locaux inadaptés, sans équipements suffisants, parfois sans même un simple ventilateur. Les agents de restauration, les agents d’accueil, les agents d’entretien, les jardiniers et tous les personnels exposés sont en première ligne. Combien faudra-t-il encore d’accidents avant que la prévention devienne une priorité ?
Le dialogue social est méprisé
Les organisations syndicales n’ont cessé d’alerter sur les conséquences de ces politiques. Nous avons demandé des recrutements, dénoncé les sous-effectifs, signalé les risques professionnels, proposé des mesures de prévention. Nos alertes ont été ignorées. Le dialogue social est réduit à une simple formalité, quand il n’est pas purement et simplement écarté.
Refuser d’entendre les représentants des personnels, c’est aussi prendre la responsabilité des conséquences de cette politique.
Nous exigeons des actes, pas des discours
Nous exigeons :
– La vérité sur les circonstances du décès de notre collègue ;
– Une enquête administrative indépendante dont les conclusions seront rendues publiques ;
– Des recrutements immédiats pour mettre fin aux sous-effectifs ;
– Le remplacement systématique des départs ;
– Un véritable plan de prévention des risques liés aux fortes chaleurs ;
– Des moyens matériels adaptés dans tous les services ;
– Le respect du dialogue social et la prise en compte des alertes portées par les représentants des personnels.
Plus jamais ça !
La santé et la sécurité des agents ne peuvent pas être sacrifiées au nom des économies budgétaires. Quand les effectifs diminuent, que les charges de travail explosent, que les alertes sont ignorées et que les conditions de travail se dégradent, les drames ne relèvent plus du hasard. Ils sont la conséquence de décisions politiques. SUD Solidaires refuse que la mémoire de notre collègue soit ensevelie sous les discours de circonstance.
Nous continuerons à nous battre pour que toute la lumière soit faite, pour que les responsabilités soient établies et, surtout, pour que de tels drames ne se reproduisent jamais.
Nous appelons l’ensemble des agentes et des agents à se rassembler, à s’organiser et à se mobiliser. C’est ensemble que nous imposerons le respect de nos droits, de notre santé et de notre dignité au travail.
Parce que nos vies valent plus que leurs économies. ✊
