Chaque travailleur.se, à temps plein ou à temps partiel, acquiert 2,5 jours ouvrables de congés payés par mois de travail effectif. Cela correspond à 5 semaines de congés par an pour une année complète d’activité. Les congés se prennent en jour, et non en heures (comme peut le faire la Région Occitanie pour certain.e.s contractuel.le.s des lycées de manière totalement illégale et dénoncée par SUD !).
Les congés contribuent à assurer notre droit au repos effectif : ils doivent obligatoirement être pris, en au moins deux fois, et doivent être récupérés en cas de maladie.
Les congés payés poursuivent avant tout un objectif de protection de la santé et sécurité des travailleur.euse.s. C’est une période de repos effective qui sert à récupérer de la charge de travail accumulée au cours de l’année, charge qui a une fâcheuse tendance à augmenter et à s’intensifier !
C’est pourquoi le principe est que les congés payés doivent être pris et non remplacés par une compensation financière. Notre santé n’est pas une marchandise !
L’histoire a montré que la diminution du temps de travail, journalière comme annuelle, a toujours permis d’améliorer la santé de manière globale, et d’allonger l’espérance de vie.
Le projet de loi prévoit de monétiser notre 5ème semaine de congés, mais aussi nos congés non pris. Tout ça pour encore une fois, ne surtout pas augmenter le salaires et abimer encore plus notre santé, tout en nous reprochant en même temps de tomber malades !
La proposition de loi distingue deux situations :
– pour la monétisation volontaire de la 5ème semaine de congés payés, le.la travailleur.euse percevrait, en plus de l’indemnité liée au congé auquel ielle renonce, une majoration de salaire dont le montant ne pourra être inférieur à un dixième de sa rémunération brute de référence ;
– pour la monétisation des jours de congés renoncés qui intervient dans le cadre d’un accord d’entreprise ou de branche, le montant versé sera calculé selon les règles applicables aux congés payés, sans la majoration spécifique. Cela permettra de garantir au salarié une rémunération au moins équivalente à celle dont il aurait bénéficié s’il avait pris son congé. La bonne blague (rappelons que les congés sont déjà PAYES !).
Et parce que tout ça ne sert évidemment pas l’intérêt des travailleur.euse.s, le service public et la sécurité sociale : cette rémunération des jours travaillés à la place des congés payés ne seraient soumis ni à l’impôt ni aux cotisations sociales !
On rappelle encore une fois que les congés aujourd’hui sont payés, que nous cotisons dessus pour notre retraite, pour financer la sécurité sociale et nos services publics via les impôts...
C’est une proposition qui est une attaque idéologique semblable à celle sur les jours fériés.
Elle montre bien que tous les programmes politiques ne se valent pas, et que les programmes libéraux, néolibéraux des centristes jusqu’à l’extrême droite (et oui, ce n’est pas un hasard si dans "extrême droite" il y a "droite") vont toujours à l’encontre des intérêts des travailleur.euse.s.
Leur projet n’a jamais été l’amélioration de notre situation mais uniquement de toujours plus nous rentabiliser pour augmenter leurs profits !
A l’heure où nos syndicats sont amenés à négocier sur les mutuelles et les prévoyances, où on nous accuse d’être trop "absent.e.s" et où on nous annonce que l’intelligence artificielle est amenée à se développer et à nous "libérer du temps", dans de nombreux métiers, il est temps de se reposer la question du projet social désirable pour nous toutes et tous.
A SUD, on défend la réduction du temps de travail, le droit à la paresse pour tout le monde (même celleux qui n’ont pas de yacht !) la hausse des rémunérations via le partage des richesses, une véritable politique de prévention des risques au travail qui passe d’abord par des recrutements, et surtout on veut des services publics élargis et la Sécu à 100% et de nouveaux champs couverts : alimentation, énergie..!
Et vous, vous voulez quoi ? Continuer de perdre votre vie à la gagner ?
