Depuis la semaine dernière des lycéen.ne.s se mobilisent pour dénoncer leurs conditions d’études, le manque de personnels, les moyens insuffisants dans les établissements. L’Union syndicale Solidaires soutient ces mobilisations en faveur du service public d’éducation. Elles sont légitimes, doivent être prises au sérieux et recevoir une réponse.
La seule apportée par le gouvernement est policière. De partout, nous parviennent des images d’une rare violence. Des élèves, le plus souvent mineur.es, sont frappé.es et gazé.es par des fonctionnaires de police alors que rien ne semble justifier le recours à la force publique.
Ces violences volontaires avec armes par personnes dépositaires de l’autorité publique sont choquantes et inadmissibles. Il est d’autant plus grave qu’elles soient couvertes et encouragées par le gouvernement. Laurent Nuñez, ministre de l’intérieur, a de son côté directement pointé une organisation syndicale, SUD éducation, lors de son point presse du 28 septembre au soir tout en justifiant l’usage non-réglementaire d’armes à l’encontre de lycéen.ne.s, comme le tir à bout portant et en pleine tête d’une grenade lacrymogène à l’aide d’un lanceur “cougar”.
Le droit de grève et le droit de manifester doivent être respectés. L’Union syndicale Solidaires appelle à se tenir aux côtés des lycéen.ne.s mobilisé.e.s.
Alors que le mouvement est appelé à s’étendre, la journée de grève du 29 septembre doit permettre de faire converger les luttes et les revendications.
Source du dessin : Allan Barte
Beaucoup de collègues sont résigné.e.s ou désabusé.e.s. les jeunes ont le droit pour leur part de crier leur envie de changer ce système pourri qu’est le capitalisme, et de dénoncer les choix politiques qui n’ont comme conséquences que de faire monter l’intolérance et le racisme.
A SUD, on se souvient que le mouvement des gilets jaunes a commencé dans les lycées, à Perpignan et à Béziers notamment et que la répression policière a été d’une violence telle dès le début qu’un jeune de 16 ans a été éborgné par la police.
L’émancipation des jeunes ne passe pas par l’octroi d’un PC portable, mais bien par la possibilité d’exercer leur esprit critique et de faire usage de la liberté d’expression et de manifestation... Les portiques, les caméras, sont des outils de répression que la Région choisit d’installer alors que les missions de surveillance relèvent d’abord de l’Éducation nationale (AED, CPE), et auquel un budget conséquent est consacré car au lieu de dénoncer le désengagement de l’État, la Région compense non pas en moyens humains, mais en techno-surveillance.
Par ailleurs, elle finance l’éducation privée, au détriment du service public qui souvent entend qu’il n’y a plus de sous dans les caisses.
Résultats : des bâtiments sont mal entretenus car il n’y a presque plus de personnels qualifiés en maintenance dans les bahuts, les agent.e.s du service général sont pressurisé.e.s et monopolisé.e.s par la restauration, ce qui pénalise le nettoyage des classes, des sanitaires et donc le confort des élèves et des personnels, et les bâtiments ne sont pas adaptés au changement climatique (chaleur en été, froid en hiver dans les classes, les internats... ), sans oublier la politique de "sobriété énergétique" qui se traduit surtout par des économies de chauffage (et des marchés P1P2P3 dont l’efficacité financière mériterait d’être étudiée de près) !
C’est un choix. C’est aussi le choix qu’a fait Valérie Pécresse en Ile de France et ce n’est pas un hasard si les jeunes, notamment des quartiers populaires, en ont ras le bol et se mobilisent dans sa région.
On peut toujours choisir de faire autrement. Rien n’est une fatalité, il s’agit par contre d’assumer ses décisions.

