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Sud CT Région Occitanie : Effets du jour de carence sur les agent.e.s public.que.s territoriales.aux en 2018 et 2019

Effets du jour de carence sur les agent.e.s public.que.s territoriales.aux en 2018 et 2019

Encore une fois, notre syndicat avait raison sur ce sujet qui impacte d’abord les agent.e.s les moins rémunéré.e.s : les jeunes, les catégories C...

Il faut en finir avec cette logique de sanction des agent.e.s malades. C’est inefficace et cela ne rend pas moins malades les collègues, cela les appauvrit, voire les rend davantage malades.

Il faut agir réellement sur la santé au travail et enfin mettre en place la prévention primaire, prendre en compte la santé des femmes au travail, protéger les jeunes plus sujets aux accidents, et surtout augmenter les effectifs car les agent.e.s de la Région et plus largement de la fonction publique territoriale sont épuisé.e.s et malades de leur travail !

Publié le 31 mars 2026

Une étude intéressante du CNAM CEET de janvier 2026 sur les effets du jour de carence dans la Fonction Publique territoriale va dans le sens de ce qui a été dit par d’autres institutions par ailleurs.

La réintroduction du jour de carence entraîne une baisse mesurée des congés de maladie ordinaire (–11 % de probabilité d’arrêt et –13 % de jours d’arrêt), baisse qui concerne presque exclusivement les arrêts courts.

Cette évolution ne traduit pas une amélioration de l’état de santé des agent.e.s, mais un ajustement des comportements face à une contrainte financière.

Ce qui signifie concrètement que les agent.e.s malades viennent travailler malades, au risque de contaminer leurs collègues ou les usager.ère.s, d’aggraver leur état de santé en ne prenant pas le temps de repos nécessaire à leur rétablissement, ou de créer des accidents pour elleux-mêmes ou autrui parce qu’ielles ne sont pas en état de travailler.

Cette étude montre le caractère fortement inégalitaire de la mesure.

Les effets sont nettement plus marqués chez les agent.e.s les plus jeunes, les agent.e.s de catégorie C et les agent.e.s les moins rémunéré.e.s (donc souvent des femmes notamment à la Région Occitanie), alors qu’ils sont faibles, voire inexistants, pour les catégories A et B.

Le jour de carence agit ainsi comme un mécanisme de dissuasion financière, dont l’impact est d’autant plus fort que le coût relatif du jour non rémunéré est élevé pour l’agent.e concerné.e.

La conclusion rejoint nos propres revendications : si la mesure génère des économies budgétaires directes et immédiates, estimées à environ 86 millions d’euros par an, ces gains sont strictement comptables et de court terme. Ils ne prennent pas en compte les effets indirects et différés, tels que les reports vers d’autres formes d’absence, les impacts à moyen et long terme sur la santé des agent.e.s, les conditions de travail ou la qualité du service public.

Les auteurs concluent ainsi que la réduction des absences observée ne saurait être interprétée comme une amélioration de l’état de santé des agent.e.s, mais comme un ajustement des comportements face à une contrainte financière, sans traitement des causes structurelles des arrêts maladie, lesquelles renvoient avant tout aux conditions de travail.

Ce type de mesure contribue donc à accentuer les inégalités sociales au sein de la fonction publique : les agent.e.s les moins rémunéré.e.s sont les premières victimes de la perte de salaire liée à l’arrêt maladie et se trouvent de fait encore davantage précarisé.e.s. La réduction des absences observée repose ainsi sur une fragilisation accrue des agent.e.s les plus modestes, sans traitement des causes structurelles des arrêts maladie, lesquelles renvoient avant tout aux conditions de travail.

C’est pour ces raisons que nous alertons sur le "travail" mené par la collectivité pour réduire "l’absentéisme", notamment dans les services d’entretien général des lycées, où se concentrent toutes ces caractéristiques : faible rémunération, précarité (beaucoup ce contractuel.le.s), métiers féminisés, en sous-effectifs constants (sous-calibrage des dotations en personnel par rapport aux missions demandées et conditions d’exercice de ces missions).

S’engager au sein de SUDCT en adhérant, ou voter SUDCT lors des prochaines élections professionnelles, c’est ne pas sombrer dans la démagogie qui consiste à vouloir régler le problème avec une prime au mérite ou des sanctions financières pour les absent.e.s. C’est irresponsable.

Dans les lycées, les CREPS comme dans les services généraux, les agent.e.s tombent malades à cause de la Région et du manque de moyens humains, matériels et de prévention des risques, physiques et psychologiques.

Le travail à mener pour les syndicats se fait en F3SCT, mais trop peu de nos homologues ne s’y engagent réellement.

A SUD, on ne renonce jamais, et sur le terrain comme face à nos patrons dans les instances, on continue de défendre nos collègues malades, et de lutter pour que la santé de tout le monde s’améliore au lieu de se dégrader. On ne doit pas perdre notre vie à la gagner !


Voir en ligne : Effets du jour de carence sur les absences maladie des agents publics territoriaux en 2018-2019