La Région Occitanie communique beaucoup sur sa politique pour l’égalité femmes-hommes, mais alors comment s’expliquent les chiffres de recrutement des agents et agentes du nouveau lycée de Cournonterral ?
100% des personnels d’entretien, postes d’exécution les moins bien rémunérés, sont des femmes alors que des hommes ont candidaté, 13% d’entre eux ayant même été reçus pour un entretien par la Région
7 postes d’entretien = 7 femmes
Au moins l’une d’elle devra effectuer des missions de lingerie, car le lycée n’est pas doté d’un poste dédié.
Au moins l’une d’elle devra intervenir à l’accueil, en complément de l’agente titulaire.
Pour ces missions complémentaires à technicité, elles ne percevront rien de plus que leur rémunération d’agente d’entretien, poste le moins rémunéré de la collectivité.
67% des personnels en technicité, postes les mieux rémunérés pour des personnels non encadrant.e.s, sont des hommes. Et cela alors qu’ils n’étaient que 54% à candidater et même seulement 48% à être reçus à un entretien. Pourquoi la Région a finalement retenu une majorité d’hommes ? Les femmes ne sont-elles pas qualifiées sur des postes nécessitant de la technicité ?
Tous les agents affectés à la maintenance sont des hommes (électricien, et agent en maintenance des bâtiments et espaces naturels et sportifs.)
En restauration, le seul poste en technicité occupé par une femme est celui de cuisinière. Tout le reste de l’équipe de restauration est composé d’hommes (cuisinier, magasinier alimentaire, encadrant).
Le 2ème poste en technicité occupé par une femme est celui de l’accueil.
0% de femmes retenues aux postes d’encadrement ! Alors qu’elles étaient 32% à proposer leur candidature et que la Région en a reçu 29% en entretien.
Cela n’est pas surprenant puisque ça représente les inégalités globalement constatées dans l’ensemble du monde du travail. Mais est-ce qu’on n’aurait pas pu attendre un certain rééquilibrage dans le recrutement régional au regard des politiques et valeurs sur lesquelles la Région communique ?
SUD avait demandé et obtenu la production de ces statistiques genrées. Nous avions aussi demandé un observatoire des inégalités femmes-hommes, pour que, enfin, les discours soient évalués au travers des actes !
A SUD, on ne veut pas de blabla pour les femmes, on veut des actes forts !
Ce n’est pas la position de tous les syndicats de la collectivité. Ainsi, nos homologues de la FAFPT déplorent régulièrement la décision prise dans les lignes directrices de gestion de donner un coup de pouce aux femmes pour accéder aux postes d’encadrement dans les lycées, ainsi qu’au grade d’agent.e de maîtrise. Oui, des hommes devront patienter un peu, mais SUD soutien cette décision car les femmes ont droit à quelques mesures de rattrapage qui n’effaceront pas des dizaines d’années sans nomination sur ces postes dans les lycées !

